Trousse de contrôle des hémorragies 2026

Trousse de contrôle des hémorragies 2026

Une coupure profonde avec un outil, une blessure causée par une machine, un morceau de métal, une scie, une vitre ou un accident impliquant un véhicule peut provoquer une hémorragie grave en quelques secondes. Dans ce type de situation, disposer du bon matériel immédiatement peut faire une différence majeure avant l’arrivée des services préhospitaliers d’urgence.

C’est précisément le rôle d’une trousse de contrôle des hémorragies, parfois appelée trousse de traumatologie ou « bleeding control kit ».

Contrairement à une trousse de premiers soins générale, elle est organisée autour d’un objectif très précis : permettre au secouriste de contrôler rapidement une hémorragie externe importante à l’aide de pression directe, de pansements compressifs, de gaze et, lorsque la situation le justifie, d’un garrot artériel.

Mais que devrait-elle réellement contenir? Et une telle trousse est-elle obligatoire au Québec?

Une trousse de contrôle des hémorragies remplace-t-elle la trousse CNESST?

Non.

Dans un milieu de travail québécois, une trousse spécialisée pour les hémorragies doit généralement être considérée comme un complément à l'organisation réglementaire des premiers secours, et non comme un remplacement de la trousse de premiers soins.

La CNESST indique actuellement que le contenu minimal des trousses en milieu de travail doit respecter la norme CSA Z1220 et que le choix entre une trousse de base et une trousse intermédiaire dépend du niveau de risque du milieu. L’employeur doit notamment tenir compte des blessures susceptibles de se produire, de leur probabilité et de leur gravité potentielle.

Fait important : les listes actuellement publiées par la CNESST comprennent déjà un garrot artériel, des compresses de gaze, des pansements compressifs, des gants d’examen et des ciseaux à bandage dans les trousses concernées.

Le Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins exige également que l’employeur fournisse un nombre adéquat de trousses, faciles d’accès, près des lieux de travail et maintenues propres, complètes et en bon état.

Une trousse de contrôle des hémorragies devient donc particulièrement intéressante lorsqu’on souhaite regrouper le matériel essentiel au même endroit afin d’y accéder immédiatement, ou augmenter les quantités disponibles dans un secteur présentant un risque important de traumatisme.

Que devrait contenir une bonne trousse de contrôle des hémorragies?

Pour une entreprise, le contenu devrait être adapté à son analyse de risques. Une configuration pratique peut notamment comprendre :

  • 1 ou 2 garrots artériels commerciaux de qualité;
  • 2 à 4 pansements compressifs stériles de différentes dimensions;
  • 1 ou 2 gazes compressées stériles destinées notamment à appliquer une pression ou, lorsque la formation le prévoit, au remplissage d'une plaie;
  • gaze hémostatique, lorsqu’elle est pertinente au contexte et que les intervenants sont formés à son utilisation;
  • 2 à 4 paires de gants d’examen sans latex;
  • 1 paire de ciseaux ou cisailles de traumatologie;
  • 1 marqueur permanent permettant notamment de noter l’heure d’application d’un garrot;
  • 1 couverture de secours aluminisée, particulièrement utile pour protéger une victime contre le refroidissement;
  • 1 sac pour déchets biomédicaux et une fiche d’instructions, afin que le matériel demeure organisé et rapidement identifiable.

À titre de comparaison, une trousse de contrôle des saignements commercialisée par la Croix-Rouge canadienne comprend notamment un garrot commercial, une gaze compressée, un pansement d’urgence, des gants, des cisailles, un marqueur permanent et une carte d’instructions.

1. Le garrot artériel : pour certaines hémorragies des bras et des jambes

Le garrot artériel est probablement l’élément le plus connu d’une trousse de contrôle des hémorragies. Il ne doit toutefois pas être considéré comme la solution à tous les saignements.

Selon le guide de premiers soins de la Croix-Rouge canadienne, il est destiné à une hémorragie externe potentiellement mortelle d’un membre, notamment lorsque la pression directe n’arrive pas à contrôler le saignement, lorsque la blessure n’est pas accessible ou lorsqu’il est impossible de maintenir une pression directe pendant le déplacement de la victime.

Lorsque son utilisation est indiquée, il doit être serré suffisamment pour arrêter l’hémorragie. L’heure de mise en place doit être documentée et, une fois appliqué, il ne doit pas être retiré par le secouriste.

Dans une trousse destinée au travail, il est préférable de choisir un garrot commercial conçu pour cette utilisation, plutôt qu’un dispositif improvisé.

2. Le pansement compressif : un incontournable

Le pansement compressif permet d’appliquer et de maintenir une pression sur une plaie qui saigne.

Il peut être extrêmement utile pour les coupures profondes, lacérations et plusieurs autres blessures traumatiques pour lesquelles une pression directe doit être maintenue.

Il ne faut donc pas confondre pansement compressif et garrot : le premier exerce une pression directement sur la plaie alors que le second comprime la circulation d’un membre lorsqu’une situation grave le nécessite.

Les trousses de base et intermédiaires actuellement décrites par la CNESST comprennent d’ailleurs des pansements compressifs stériles.

3. Gazes compressées stériles et gazes non stériles : prévoir suffisamment de matériel pour une hémorragie importante

Lors d’une hémorragie importante, quelques petites compresses de gaze peuvent rapidement devenir insuffisantes. Ouvrir une succession de sachets individuels peut également compliquer l’intervention lorsque chaque seconde compte.

En complément des compresses de gaze stériles réglementaires, une trousse spécialisée de contrôle des hémorragies peut donc contenir une quantité supplémentaire de gaze non stérile propre, en rouleau ou en format compressé, destinée principalement à fournir rapidement un volume important de matériau pour exercer et maintenir une pression sur une zone qui saigne.

Pour une hémorragie potentiellement mortelle, la priorité immédiate est de contrôler le saignement par une pression ferme et continue. La Croix-Rouge canadienne recommande d’exercer une pression sur la plaie avec le matériel disponible et, si le sang traverse le premier pansement, d’ajouter du matériel par-dessus plutôt que de retirer celui qui est déjà en place.

Dans certaines situations et lorsque le secouriste possède la formation appropriée, de la gaze peut également servir au remplissage d’une plaie profonde afin d’exercer une pression directement à l’intérieur de celle-ci. Les protocoles Stop the Bleed indiquent que de la gaze ou, à défaut, un tissu propre peut être utilisé pour cette technique.

L’intérêt d’ajouter de la gaze non stérile dans une trousse spécialisée est donc surtout pratique et économique : elle permet d’avoir rapidement une quantité importante de matériau de compression disponible, sans devoir ouvrir une grande quantité de petites compresses stériles emballées individuellement.

Important : cette gaze supplémentaire ne remplace pas les compresses de gaze stériles exigées dans les trousses de premiers soins conformes aux exigences applicables au Québec. Elle constitue plutôt un matériel complémentaire destiné aux situations d’hémorragie importante.

4. Le pansement israélien : un pansement compressif conçu pour les hémorragies importantes

Le pansement israélien, aussi appelé Israeli Emergency Bandage ou pansement compressif d’urgence, est un dispositif conçu pour permettre d’appliquer rapidement une pression importante et constante sur une plaie qui saigne abondamment.

Il combine généralement plusieurs éléments dans un seul produit : une compresse absorbante, un bandage élastique robuste et un dispositif de pression permettant d’augmenter la compression directement sur la blessure.

Son principal avantage est sa simplicité. Une fois appliqué correctement, il permet de maintenir la pression sur la plaie sans que le secouriste ait à conserver constamment ses mains sur le pansement. Cela peut être particulièrement utile lorsqu’il faut surveiller la victime, appeler les services d’urgence ou s’occuper simultanément d’autres blessures.

Pourquoi ajouter un pansement israélien dans une trousse de contrôle des hémorragies?

Dans une trousse spécialisée, le pansement israélien est particulièrement intéressant pour les blessures comme :

  • les coupures profondes;
  • les lacérations importantes;
  • les blessures causées par de la machinerie ou des outils;
  • certains traumatismes aux bras ou aux jambes;
  • les plaies présentant un saignement important pouvant être contrôlé par compression.

Il peut également servir à maintenir en place de la gaze utilisée pour exercer une pression sur une plaie.

Le pansement israélien ne doit toutefois pas être confondu avec un garrot artériel. Le pansement exerce une pression principalement au niveau de la blessure, tandis que le garrot vise à interrompre temporairement la circulation sanguine d’un membre lorsqu’une hémorragie potentiellement mortelle ne peut être contrôlée adéquatement par les méthodes de compression appropriées.

Quel format choisir?

Les pansements israéliens sont disponibles dans plusieurs dimensions. Pour une trousse destinée à une entreprise, les formats d’environ 4 pouces et 6 pouces sont particulièrement polyvalents.

Une trousse de contrôle des hémorragies peut donc contenir, par exemple :

  • 1 à 2 pansements israéliens de 4 po;
  • 1 pansement israélien de 6 po pour les blessures plus importantes.

Dans les milieux présentant un risque élevé de traumatisme — usine, garage, chantier, foresterie, secteur minier ou travail avec machinerie — il peut être pertinent d’en prévoir plusieurs.

Pansement israélien, gaze ou garrot : lequel utiliser?

Ces équipements sont complémentaires.

La gaze permet d’exercer une pression directement sur une plaie et peut fournir un volume important de matériau absorbant.

Le pansement israélien permet de maintenir efficacement cette pression grâce à son bandage élastique et à son système de compression.

Le garrot artériel est réservé aux hémorragies graves d’un membre lorsque son utilisation est indiquée.

Une trousse bien conçue devrait donc idéalement offrir plusieurs options plutôt que de dépendre d’un seul type de matériel.

Le pansement israélien constitue ainsi un excellent ajout à une trousse de contrôle des hémorragies en entreprise, particulièrement lorsque le milieu présente un risque de blessures traumatiques importantes. Comme pour tout équipement spécialisé, son efficacité dépend toutefois de la capacité du secouriste à l’utiliser correctement.

5. Les gants : protéger la victime et le secouriste

Un saignement important signifie également une exposition potentielle au sang.

Les gants d’examen jetables de qualité médicale, sans latex, devraient donc être immédiatement accessibles dans la trousse.

Il peut être judicieux d’en prévoir plusieurs paires : une intervention peut nécessiter plus d’un secouriste ou un remplacement de gants.

Le guide Santé en forêt de la CNESST souligne d’ailleurs le risque de contamination par contact avec du sang pour les personnes venant en aide à un travailleur blessé.

6. Les cisailles de traumatologie

Lorsqu’une blessure importante est cachée sous un pantalon, une veste ou un vêtement de travail épais, le secouriste doit pouvoir accéder rapidement à la zone blessée.

Des cisailles de traumatologie ou des ciseaux à bandage robustes permettent de dégager rapidement la blessure sans perdre de précieuses secondes à retirer complètement les vêtements.

Ils devraient être placés directement dans la trousse plutôt que rangés ailleurs dans l’établissement.

6. Le marqueur permanent

Cela peut sembler banal, mais un marqueur prend très peu de place et peut devenir particulièrement utile.

Lorsqu’un garrot est appliqué, la Croix-Rouge recommande de documenter l’heure à laquelle il a été serré afin que cette information puisse être transmise aux services préhospitaliers et au personnel médical.

Dans quelles entreprises une trousse spécialisée est-elle particulièrement pertinente?

Une trousse de contrôle des hémorragies peut être pertinente partout, mais son intérêt augmente considérablement lorsque l’analyse des risques révèle la possibilité de blessures traumatiques graves.

On pense notamment aux garages mécaniques, ateliers de fabrication, usines, chantiers de construction, entreprises forestières, opérations minières, entrepôts, travaux avec outils tranchants, machinerie, verre ou métal, travail isolé et sites éloignés des services ambulanciers.

Le principe rejoint directement la démarche recommandée par la CNESST : identifier les risques présents, analyser leur probabilité et leurs conséquences possibles, puis mettre en place les moyens appropriés.

Le secteur forestier constitue un bon exemple. Dans son guide Santé en forêt, la CNESST demande même que chaque travailleur ait sur lui un pansement compressif afin de réduire le risque associé à une hémorragie lors d’une blessure grave.

L'emplacement de la trousse est aussi important que son contenu

Une excellente trousse enfermée dans un bureau à plusieurs minutes de la victime perd une grande partie de son intérêt.

La trousse de contrôle des hémorragies devrait être visible, clairement identifiée et immédiatement accessible, particulièrement près des zones où une blessure grave est plausible.

Dans une grande usine ou un chantier étendu, plusieurs trousses compactes réparties stratégiquement peuvent être beaucoup plus efficaces qu’une seule trousse très complète située loin des opérations.

La CNESST exige d’ailleurs que les trousses réglementaires soient facilement accessibles et placées le plus près possible des lieux de travail. Elle recommande également de vérifier leur contenu après utilisation et de remplacer le matériel utilisé, souillé, détérioré ou expiré.

Le matériel ne remplace jamais la formation

Acheter un garrot et le placer dans une armoire ne suffit pas.

Le personnel susceptible d’intervenir doit savoir reconnaître une hémorragie grave, appeler rapidement le 911, appliquer une pression directe, utiliser correctement un pansement compressif et comprendre quand le recours à un garrot est justifié.

Une intervention simple, répétée en formation, sera généralement beaucoup plus facile à exécuter sous le stress d’un véritable accident.

L’objectif n’est donc pas seulement d’avoir plus de matériel, mais de créer une véritable capacité d’intervention.

Médic Québec : adapter le matériel aux risques réels de l’entreprise

Toutes les entreprises n’ont pas besoin de la même configuration.

Un bureau administratif, un garage mécanique, une usine de transformation et une entreprise forestière présentent des risques complètement différents. La trousse de contrôle des hémorragies devrait donc être sélectionnée en fonction des activités, du nombre de travailleurs, de la localisation des postes, de la distance des secours et du type de blessures graves pouvant raisonnablement survenir.

Médic Québec peut vous aider à évaluer vos besoins en matériel de premiers soins, à compléter vos trousses existantes avec du matériel de contrôle des hémorragies et à maintenir les équipements accessibles, complets et prêts à être utilisés.

Conclusion : quelques articles bien choisis peuvent transformer votre préparation aux urgences

Une trousse de contrôle des hémorragies n’a pas besoin de contenir des dizaines de produits différents.

Elle doit surtout permettre d’accéder immédiatement aux équipements essentiels : garrot artériel, pansements compressifs, gaze, gants et quelques accessoires bien choisis.

Pour une entreprise présentant un risque de coupures profondes, d’écrasement, d’amputation ou de traumatisme important, regrouper ces équipements dans une trousse clairement identifiée peut considérablement simplifier l’intervention du secouriste.

Et surtout, rappelez-vous : une trousse spécialisée complète la préparation aux urgences. Elle ne remplace ni les trousses exigées en milieu de travail, ni l’analyse des risques, ni la présence de secouristes formés, ni l'appel aux services d'urgence lors d'une hémorragie potentiellement mortelle.

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Pour plus d’informations sur les premiers secours en milieu de travail et les exigences de la CNESST, vous pouvez également consulter le site web de la CNESST :

 https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/secourisme-en-milieu-travail/materiel-premiers-secours 

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