Tiques au Québec en 2026 : tout ce qu’il faut savoir

Tiques au Québec en 2026 : tout ce qu’il faut savoir

Les tiques poursuivent leur progression au Québec. Autrefois surtout associées au sud de la province, elles sont maintenant observées dans un nombre croissant de régions, y compris dans des secteurs où leur présence était auparavant considérée comme occasionnelle.

Cette expansion augmente le risque d’exposition à la maladie de Lyme, mais également à d’autres infections encore moins connues du public, comme l’anaplasmose, la babésiose et l’encéphalite de Powassan.

En 2026, toute personne qui pratique la randonnée, le camping, le jardinage, la chasse, l’agriculture, l’aménagement paysager ou le travail forestier devrait savoir reconnaître une tique, la retirer correctement et surveiller les symptômes qui peuvent apparaître après une piqûre.

Situation des tiques au Québec en 2026

Les tiques peuvent être présentes dans pratiquement toutes les régions du Québec. Le risque n’est toutefois pas uniforme d’une municipalité à l’autre ni même à l’intérieur d’une même municipalité.

Les environnements les plus favorables sont notamment :

  • les forêts et les boisés;

  • les bordures de sentiers;

  • les zones couvertes de feuilles mortes;

  • les arbustes;

  • les hautes herbes;

  • les terrains humides et ombragés;

  • les endroits fréquentés par les cerfs, les souris et certains oiseaux.

La tique à pattes noires peut aussi être transportée sur de longues distances par les oiseaux migrateurs. Une piqûre demeure donc possible même à l’extérieur d’une zone officiellement reconnue comme endémique.

La maladie de Lyme est nettement en hausse. Le nombre de cas déclarés au Québec est passé de 653 en 2023 à 834 en 2024, puis à 1 021 en 2025. Parmi les cas de 2025, 927 auraient été acquis au Québec.

Les régions comprenant des municipalités reconnues comme endémiques ou visées par la prophylaxie postexposition comprennent notamment :

  • la Montérégie;

  • l’Estrie;

  • l’Outaouais;

  • Montréal;

  • Laval;

  • les Laurentides;

  • Lanaudière;

  • la Mauricie et le Centre-du-Québec;

  • Chaudière-Appalaches;

  • la Capitale-Nationale.

En 2026, plusieurs nouvelles municipalités ont été ajoutées aux secteurs où une prophylaxie antibiotique peut être envisagée après une piqûre. Dans la Capitale-Nationale, par exemple, 16 municipalités de la MRC de Portneuf ont été reconnues comme endémiques et visées par cette mesure.

La carte officielle de l’INSPQ doit toujours être consultée au moment de l’exposition, car les secteurs reconnus évoluent avec les données de surveillance.

Quelles maladies peuvent être transmises par les tiques?

1. La maladie de Lyme

La maladie de Lyme est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Au Québec, elle est principalement transmise par la tique à pattes noires, appelée Ixodes scapularis.

Le risque de transmission est généralement faible lorsque la tique est retirée rapidement. Il augmente progressivement lorsqu’elle demeure attachée à la peau pendant plus de 24 heures.

Les premiers symptômes peuvent comprendre :

  • une rougeur qui s’agrandit progressivement;

  • de la fièvre;

  • de la fatigue;

  • des maux de tête;

  • des douleurs musculaires ou articulaires;

  • une sensation générale ressemblant à une grippe.

La rougeur caractéristique, appelée érythème migrant, apparaît généralement de 3 à 30 jours après la piqûre. Elle mesure souvent plus de 5 cm et s’étend graduellement. Elle n’a pas toujours la forme classique d’une cible et peut être uniforme, pâle ou irrégulière.

Sans traitement, la maladie peut parfois entraîner des complications neurologiques, cardiaques ou articulaires.

2. L’anaplasmose

L’anaplasmose est causée par la bactérie Anaplasma phagocytophilum, également transmise par la tique à pattes noires.

En 2025, 66 cas acquis au Québec ont été déclarés, principalement en Estrie et en Montérégie.

Les symptômes peuvent inclure :

  • une fièvre soudaine;

  • des frissons;

  • des maux de tête;

  • des douleurs musculaires;

  • des douleurs articulaires;

  • une fatigue importante;

  • des anomalies sanguines ou hépatiques.

Contrairement à la maladie de Lyme, l’anaplasmose ne provoque pas nécessairement une rougeur caractéristique.

3. La babésiose

La babésiose est causée par un parasite microscopique qui infecte les globules rouges. Elle peut être transmise par certaines tiques à pattes noires.

Plusieurs personnes ne présentent aucun symptôme. Lorsqu’ils surviennent, les signes peuvent ressembler à ceux d’une grippe :

  • fièvre;

  • frissons;

  • fatigue;

  • sueurs;

  • maux de tête;

  • douleurs musculaires.

La maladie peut être plus sévère chez les personnes âgées, immunosupprimées, sans rate ou atteintes de certaines maladies chroniques.

4. L’encéphalite de Powassan

Le virus de Powassan est rare, mais potentiellement grave. Il peut provoquer une inflammation du cerveau ou des membranes qui l’entourent.

Les manifestations possibles comprennent :

  • fièvre;

  • vomissements;

  • maux de tête importants;

  • faiblesse;

  • confusion;

  • convulsions;

  • troubles de coordination ou de mémoire.

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre cette infection. Une évaluation médicale urgente est nécessaire en présence de symptômes neurologiques.

Guide simplifié d’identification des tiques du Québec

Le Québec compte au moins 12 espèces de tiques répertoriées. Toutes ne transmettent pas la maladie de Lyme.

La tique à pattes noires

La tique à pattes noires, ou Ixodes scapularis, est l’espèce la plus importante en santé publique au Québec.

Ses principales caractéristiques sont :

  • pattes foncées ou noires;

  • corps brun foncé à noir;

  • femelle adulte présentant souvent une partie arrière brun rougeâtre;

  • absence de motifs blancs décoratifs sur le dos;

  • très petite taille, surtout au stade de nymphe.

Une nymphe peut être aussi petite qu’une graine de pavot. Une femelle adulte non gorgée peut ressembler à une graine de sésame. Après un repas sanguin, son abdomen devient beaucoup plus gros et prend une teinte grisâtre.

La tique américaine du chien

La tique américaine du chien, ou Dermacentor variabilis, est généralement plus grosse. Elle présente souvent des motifs pâles, blanchâtres ou argentés sur la partie supérieure du corps.

Elle n’est pas considérée comme le principal vecteur de la maladie de Lyme au Québec, mais elle peut être associée à d’autres agents infectieux.

La tique étoilée d’Amérique

La femelle de la tique étoilée d’Amérique, ou Amblyomma americanum, porte souvent un point blanc bien visible au centre du dos.

Elle est surtout présente plus au sud, mais des spécimens peuvent être transportés au Québec par les oiseaux migrateurs.

Tique ou insecte?

Une tique appartient à la famille des acariens. L’adulte et la nymphe possèdent huit pattes, tandis que la larve en possède six. Elle n’a ni antennes ni ailes.

Un insecte adulte possède normalement six pattes et peut avoir des antennes. Une tique accrochée à la peau reste généralement fixée au même endroit pendant plusieurs heures ou plusieurs jours.

Protocole sécuritaire pour retirer une tique

La tique doit être retirée dès qu’elle est découverte. Il ne faut pas attendre une consultation médicale avant de procéder.

Étape 1 : préparer le matériel

Utilisez un tire-tique adapté ou une pince fine à bouts pointus. Une pince à échardes de précision peut aussi être appropriée si elle permet de saisir la tique très près de la peau.

Évitez d’utiliser vos doigts ou vos ongles.

Étape 2 : saisir la tique près de la peau

Placez la pince le plus près possible de la peau et saisissez la tique par ses parties buccales ou sa tête.

Ne pincez pas son abdomen gonflé. Une pression excessive pourrait augmenter le risque d’expulsion de fluides dans la peau.

Étape 3 : tirer lentement et continuellement

Tirez doucement, fermement et de façon continue vers le haut.

Ne tournez pas la tique, ne donnez pas de coup brusque et ne l’écrasez pas.

Lorsque vous utilisez un tire-tique, respectez les instructions du fabricant, puisque certains modèles sont conçus pour être utilisés avec un mouvement particulier.

Étape 4 : vérifier la zone

Si une petite partie de la tique demeure dans la peau, essayez de la retirer délicatement avec la pince, sans creuser profondément.

Lorsqu’elle ne peut pas être retirée facilement, il est préférable de laisser la peau guérir plutôt que de provoquer une plaie plus importante.

Étape 5 : nettoyer

Nettoyez la peau avec de l’eau et du savon. Lavez-vous ensuite soigneusement les mains.

Un antiseptique cutané peut être appliqué selon les instructions du produit, particulièrement lorsqu’il n’est pas possible de nettoyer immédiatement la région avec de l’eau et du savon.

Ce qu’il ne faut jamais faire

N’appliquez pas sur la tique :

  • de vaseline;

  • d’huile;

  • d’essence;

  • d’alcool;

  • de dissolvant;

  • de chaleur;

  • une flamme;

  • un produit irritant.

Ces méthodes peuvent retarder le retrait ou irriter la tique. Le meilleur geste demeure un retrait mécanique rapide à l’aide d’une pince fine ou d’un tire-tique.

Comment conserver et envoyer une tique pour identification?

Après le retrait, placez la tique dans un petit contenant hermétique rigide, par exemple un contenant à pilules propre.

Inscrivez sur le contenant ou sur une étiquette :

  • la date du retrait;

  • la région ou la municipalité de l’exposition;

  • l’endroit précis du corps où la tique était fixée;

  • la durée approximative d’attachement, si elle est connue;

  • le nom de la personne exposée, lorsque requis par le professionnel responsable.

Conservez le contenant au réfrigérateur. Évitez d’écraser la tique ou de l’envelopper uniquement dans un papier mou.

Au Québec, l’envoi d’une tique au Laboratoire de santé publique du Québec s’inscrit principalement dans un programme de surveillance. La personne piquée doit apporter le spécimen à un professionnel de la santé, qui déterminera s’il est pertinent de le soumettre avec le formulaire approprié.

L’analyse de la tique ne remplace pas l’évaluation médicale. Un résultat positif ne signifie pas automatiquement qu’une infection a été transmise, et un résultat négatif ne permet pas d’exclure toute maladie. Le traitement ne devrait donc jamais être retardé dans l’attente du résultat.

Quand communiquer avec Info-Santé 811?

Après le retrait, notez la date, la municipalité, la partie du corps touchée et la durée estimée d’attachement.

Communiquez rapidement avec Info-Santé 811 lorsque :

  • la tique est restée attachée pendant environ 24 heures ou plus;

  • la durée d’attachement est inconnue;

  • la piqûre a eu lieu dans une zone endémique;

  • la tique était gonflée de sang;

  • la personne piquée est enceinte, immunosupprimée ou vulnérable;

  • une rougeur qui s’agrandit apparaît;

  • de la fièvre, des douleurs ou une fatigue inhabituelle se manifestent.

Une prophylaxie antibiotique peut être envisagée chez une personne asymptomatique lorsque plusieurs critères sont réunis, notamment une exposition dans un secteur visé, une durée d’attachement d’au moins 24 heures et un délai inférieur à 72 heures depuis le retrait.

Cette décision doit être prise par un professionnel autorisé. Il ne faut jamais utiliser des antibiotiques conservés à la maison ou appartenant à une autre personne.

Équipements utiles pour le retrait et les premiers soins

Une trousse destinée aux activités extérieures, aux camps, aux municipalités ou aux milieux forestiers devrait comprendre :

  • une pince fine à bouts pointus;

  • un ou plusieurs tire-tiques de formats différents;

  • des gants médicaux jetables;

  • des compresses de gaze;

  • du savon ou des lingettes nettoyantes;

  • un antiseptique cutané;

  • de petits contenants hermétiques;

  • des étiquettes et un marqueur permanent;

  • une petite loupe;

  • une lampe de poche ou une lampe frontale;

  • un sac refermable;

  • une fiche de suivi des piqûres;

  • des pansements adhésifs;

  • un chasse-moustiques homologué;

  • une copie du protocole de retrait.

La pince et le tire-tique doivent rester propres, secs, accessibles et en bon état. Dans un milieu de travail, leur présence doit être intégrée aux inspections périodiques de la trousse.

Prévenir les piqûres de tiques

Avant une activité extérieure :

  • portez des vêtements longs et de couleur claire;

  • rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes;

  • utilisez un chasse-moustiques homologué;

  • demeurez au centre des sentiers;

  • évitez de vous asseoir directement dans les feuilles mortes;

  • gardez les herbes courtes autour des zones fréquentées.

Au retour :

  • inspectez tout le corps;

  • vérifiez le cuir chevelu, les aisselles, l’aine, le nombril, l’arrière des genoux et les oreilles;

  • examinez les enfants, les animaux et l’équipement;

  • prenez une douche;

  • placez les vêtements dans la sécheuse à température élevée lorsque le tissu le permet.

Les tiques : un risque biologique à intégrer aux plans de prévention

Pour les entreprises forestières, agricoles, municipales, paysagistes et de plein air, l’exposition aux tiques constitue un risque biologique.

Le plan de prévention devrait inclure :

  • l’information des travailleurs;

  • la formation sur le retrait;

  • l’accès à une pince fine et à un tire-tique;

  • une procédure écrite;

  • l’inspection corporelle après le travail;

  • la consignation des piqûres dans le registre approprié;

  • l’accès rapide à Info-Santé 811;

  • la mise à jour annuelle des secteurs à risque.

Une tique retirée rapidement et correctement réduit le risque de transmission. L’essentiel est d’agir sans délai, de conserver les renseignements sur l’exposition et de surveiller l’apparition de symptômes dans les jours, les semaines et même les mois suivants.

Pour obtenir des conseils professionnels et une soumission adaptée à vos besoins spécifiques, n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous aider à assurer un environnement de travail sûr et sécurisé pour tous vos employés. 

Cliquez ici pour obtenir une soumission et un appel de notre part! 

Pour plus d’informations sur les premiers secours en milieu de travail et les exigences de la CNESST, vous pouvez également consulter le site web de la CNESST : https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/secourisme-en-milieu-travail/materiel-premiers-secours