Premiers soins en cuisine et restauration

Premiers soins en cuisine et restauration

Une cuisine commerciale est un environnement où tout va vite. Couteaux, mandolines, trancheuses, fours, plaques de cuisson, vapeur, huile de friture, eau bouillante et produits de nettoyage se côtoient souvent dans un espace restreint. Pour un restaurant, une cafétéria, un service de traiteur ou une cuisine institutionnelle, l’organisation des premiers soins ne devrait donc jamais être laissée au hasard.

La CNESST reconnaît d’ailleurs plusieurs risques propres au métier de cuisinier, notamment les contacts avec les couteaux et appareils tranchants, les surfaces et substances chaudes ainsi que les produits de nettoyage pouvant irriter ou brûler la peau et les yeux.

Voici comment mieux prévenir ces accidents et, surtout, comment intervenir lorsqu’ils surviennent.

1. Coupures en cuisine : le risque classique… qui peut devenir sérieux

Un couteau qui glisse, une mandoline utilisée trop rapidement, un verre cassé dans un bac ou une trancheuse mal manipulée peuvent provoquer une plaie en quelques secondes. La CNESST identifie précisément les couteaux, le verre brisé, les mandolines, les tranche-viandes et les coupe-légumes parmi les sources de coupures, lacérations, perforations et même d’amputations en cuisine.

Lors d'une coupure avec saignement, la priorité est de contrôler l'hémorragie. Le secouriste doit se protéger avec des gants d'examen, appliquer une compresse ou un pansement approprié et exercer une pression directe sur la plaie. La formation québécoise de secourisme en milieu de travail comprend notamment le contrôle des hémorragies par pression directe et l'utilisation de pansements.

Une petite coupure peut ensuite être protégée avec un pansement approprié. Pour une plaie plus importante, des compresses stériles et des pansements compressifs deviennent particulièrement utiles. Le guide de Plaies Canada rappelle par ailleurs que les gazes peuvent être utilisées comme pansement primaire ou secondaire et que certains pansements non adhérents permettent de protéger les tissus fragiles.

Une consultation médicale ou l'intervention des services préhospitaliers devient particulièrement importante lorsque le saignement demeure incontrôlé, que la plaie est profonde, qu'un tendon ou une structure profonde semble atteint, qu'un doigt ou une partie de doigt est sectionné ou que l'état général de la personne se détériore.

En restauration, même une blessure mineure devrait également être prise au sérieux sur le plan de l'hygiène alimentaire. Une plaie aux doigts ou aux mains doit être adéquatement couverte avant le retour à la manipulation des aliments.

2. Brûlures en cuisine : huile, vapeur, eau bouillante et surfaces chaudes

Les brûlures sont l'autre grand classique des cuisines professionnelles. Une éclaboussure d'huile de friteuse, une casserole renversée, une plaque chaude, un four, de la vapeur ou de l'eau bouillante peuvent occasionner des blessures parfois importantes.

La fiche de prévention de la CNESST pour les cuisiniers identifie expressément les plaques de cuisson, éléments de four, poêles chaudes, plats sortant du four, huiles de friteuse et eau bouillante comme sources de risques thermiques. Parmi les mesures préventives recommandées figurent notamment l'utilisation d'accessoires permettant d'éviter le contact direct, l'aménagement sécuritaire des lieux et la vidange ou la filtration de l'huile de friteuse lorsqu'elle est tempérée.

Lors d'une brûlure thermique, il faut d'abord éloigner la personne de la source de chaleur et refroidir rapidement la brûlure avec de l'eau fraîche ou froide pendant au moins 10 minutes. Le CCHST précise également qu'il ne faut pas appliquer de glace directement sur la peau.

Après le refroidissement, une protection propre et non adhérente peut être utilisée lorsque la situation s'y prête. Les pansements non adhérents sont notamment conçus pour protéger les tissus fragiles et éviter qu'un pansement secondaire colle directement à la zone atteinte.

Les brûlures étendues, profondes ou situées au visage, aux mains, aux articulations ou près des voies respiratoires nécessitent une attention particulière et peuvent justifier une évaluation médicale urgente. Il en va de même lorsqu'une personne présente des difficultés respiratoires ou une altération de son état général.

3. Blessures aux yeux : un risque parfois sous-estimé en restauration

Lorsqu'on pense aux accidents de cuisine, on imagine immédiatement une coupure ou une brûlure. Pourtant, les yeux peuvent également être exposés.

Une éclaboussure de dégraissant, un produit nettoyant pour four, un désinfectant concentré, une goutte d'huile chaude ou une particule projetée peuvent entraîner une irritation ou une lésion oculaire. La CNESST inclut d'ailleurs les produits de nettoyage et de désinfection utilisés en cuisine parmi les risques chimiques pouvant causer une irritation des yeux ou des brûlures.

En présence d'un produit chimique dans l'œil, la rapidité est essentielle. Le rinçage doit commencer immédiatement. Le CCHST indique qu'un rinçage abondant des yeux pendant au moins 15 minutes est généralement recommandé après une exposition à un produit chimique toxique. La fiche de données de sécurité du produit doit également être consultée puisqu'elle peut exiger une durée de rinçage différente ou plus longue.

Il faut maintenir les paupières ouvertes pendant le rinçage et éviter de perdre du temps à chercher une solution spéciale de neutralisation. Le rinçage immédiat est prioritaire.

Dans le cas d'une petite particule superficielle, un rinçage doux peut permettre son évacuation. Toutefois, lorsqu'un objet est planté dans l'œil, qu'une douleur importante persiste, que la vision est modifiée ou que l'œil semble sérieusement endommagé, une évaluation médicale est nécessaire.

Une bouteille de rinçage oculaire suffit-elle?

Pas nécessairement.

Les bouteilles de solution oculaire peuvent être extrêmement pratiques puisqu'elles permettent de commencer le rinçage immédiatement. Elles sont particulièrement intéressantes lorsqu'elles sont installées très près d'un poste où existe un risque de projection.

Cependant, elles ne doivent pas automatiquement être considérées comme le remplacement d'une douche oculaire appropriée lorsqu'une analyse de risques démontre qu'un dispositif permettant un rinçage prolongé est nécessaire. Le CCHST souligne que les bouteilles portatives servent principalement à commencer immédiatement le rinçage avant de poursuivre avec un équipement capable de fournir suffisamment de liquide.

Le document québécois sur les douches d'urgence et oculaires arrive à une conclusion comparable : le matériel de rinçage portatif est utile dans les premières secondes suivant une éclaboussure, mais son volume limité ne permet pas nécessairement d'assurer tout le rinçage requis.

Pour une cuisine utilisant des nettoyants corrosifs ou fortement irritants, l'analyse des produits utilisés et de leurs fiches de données de sécurité est donc essentielle avant de déterminer l'équipement oculaire nécessaire.

Que devrait contenir une trousse de premiers soins pour restaurant?

Au Québec, il n'existe pas simplement une « trousse de restaurant » universelle imposée à tous les établissements. La CNESST précise que l'employeur doit évaluer le niveau de risque de son milieu afin de choisir la trousse appropriée. Le contenu minimal doit être conforme à la norme CSA Z1220, tandis que la quantité de matériel dépend notamment du nombre de travailleurs présents par quart.

En plus du contenu réglementaire correspondant à l'évaluation du milieu, une cuisine peut avoir intérêt à porter une attention particulière aux articles suivants :

  • gants d'examen jetables de qualité médicale;
  • compresses de gaze stériles;
  • pansements adhésifs de différents formats;
  • pansements compressifs;
  • pansements stériles non adhérents;
  • matériel permettant de protéger une brûlure après son refroidissement;
  • équipement de rinçage oculaire approprié aux risques présents;
  • ciseaux, ruban médical et matériel complémentaire adapté aux blessures susceptibles de survenir dans l'établissement.

La CNESST exige notamment dans les trousses CSA Z1220 des gants médicaux, des compresses stériles, des pansements compressifs et différents bandages. Les trousses de type intermédiaire destinées aux environnements présentant un risque plus élevé comprennent également, entre autres, des pansements non adhérents et du matériel oculaire.

Une trousse conforme ne suffit pas : elle doit être accessible et entretenue

Une magnifique trousse complète rangée dans un bureau verrouillé à l'autre bout du restaurant n'est pas une bonne organisation des premiers secours.

Le règlement québécois actuellement en vigueur exige que les établissements disposent d'un nombre adéquat de trousses, faciles d'accès, situées le plus près possible des lieux de travail et disponibles en tout temps. Elles doivent également être maintenues propres, complètes et en bon état.

La CNESST recommande aussi de vérifier la trousse après son utilisation et de remplacer le matériel utilisé, sale, détérioré ou expiré.

Dans une cuisine, où la chaleur, la graisse, l'humidité et les éclaboussures sont fréquentes, le choix de l'emplacement est particulièrement important. La trousse devrait être rapidement accessible sans être installée directement dans une zone où elle risque d'être contaminée ou endommagée.

Cette logique correspond à la démarche générale recommandée par la CNESST : identifier les risques, les corriger puis contrôler la permanence des correctifs. Les inspections périodiques, la formation, la supervision et l'entretien font partie des moyens proposés pour maintenir un milieu sécuritaire.

Secouristes en restaurant : que prévoit le Québec en 2026?

Depuis les modifications réglementaires entrées en vigueur en 2026, le règlement prévoit qu'un établissement doit assurer la présence d'au moins un secouriste lorsque 50 travailleurs ou moins sont présents simultanément, puis ajouter un secouriste pour chaque centaine ou fraction de centaine additionnelle. Le certificat de secourisme est valide pour un maximum de trois ans.

Lorsqu'un secouriste intervient, l'événement doit également être documenté dans le registre prévu à cette fin. Le registre permet non seulement de conserver une trace des premiers secours administrés, mais aussi d'identifier les blessures récurrentes et d'améliorer les mesures de prévention.

Prévenir plutôt que simplement remplir la trousse

Une trousse de premiers soins est indispensable, mais elle intervient après l'accident.

La meilleure stratégie demeure d'empêcher l'accident de se produire : couteaux et machines sécuritaires, procédures de travail claires, entretien des équipements, manipulation sécuritaire des friteuses, accès aux fiches SIMDUT, formation des nouveaux employés, chaussures antidérapantes et équipements de protection adaptés aux tâches.

La CNESST recommande justement de privilégier l'élimination du danger à la source avant de compter uniquement sur les procédures, la formation ou les équipements de protection individuelle.

Médic Québec : adapter les premiers soins aux risques réels d'une cuisine

Une trousse utilisée dans un bureau administratif et une trousse destinée à une cuisine commerciale ne font pas face aux mêmes types de blessures.

Médic Québec peut vous aider à vérifier, compléter et organiser vos trousses de premiers soins en fonction de votre environnement de travail, du nombre d'employés et des risques réellement présents. Pour les restaurants, cafétérias, cuisines institutionnelles et services alimentaires, une attention particulière peut notamment être accordée aux coupures, aux hémorragies, aux brûlures et aux risques de projection oculaire.

Une vérification périodique permet également de remplacer le matériel utilisé ou expiré et de conserver une trousse propre, complète, accessible et prête à servir lorsqu'un accident survient.

Conclusion

En restauration, quelques secondes peuvent faire une différence importante. Une coupure peut entraîner une hémorragie, une éclaboussure d'huile peut provoquer une brûlure sérieuse et un produit de nettoyage projeté dans les yeux nécessite un rinçage immédiat.

La préparation repose donc sur trois éléments : prévenir les accidents, former les travailleurs et rendre immédiatement accessible le matériel de premiers soins approprié.

Une cuisine bien équipée n'est pas seulement une cuisine qui possède une trousse. C'est une cuisine où les employés savent où elle se trouve, quoi utiliser et quoi faire lorsque l'urgence survient.

Pour obtenir des conseils professionnels et une soumission adaptée à vos besoins spécifiques, n'hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous aider à assurer un environnement de travail sûr et sécurisé pour tous vos employés. 

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Pour plus d'informations sur les premières secours en milieu de travail et les exigences de la CNESST, vous pouvez également consulter le site web de la CNESST : 

https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/secourisme-en-milieu-travail/materiel-premiers-secours 


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