Défibrillateur en entreprise : les 10 erreurs les plus fréquentes
Installer un défibrillateur externe automatisé (DEA) en entreprise est une excellente mesure pour améliorer la capacité d’intervention lors d’un arrêt cardiaque. Mais posséder un défibrillateur ne garantit pas qu’il sera réellement utilisable le jour où une urgence surviendra.
Un appareil dont la batterie est faible, dont les électrodes sont expirées ou qui est rangé dans un endroit difficile d’accès peut entraîner une perte de temps importante. Dans une situation d’arrêt cardiaque, chaque minute compte : l’objectif est de reconnaître rapidement l’urgence, d’appeler les services préhospitaliers d’urgence, de commencer la réanimation cardiorespiratoire (RCR) et d’utiliser le DEA dès qu’il est disponible.
La gestion d’un défibrillateur devrait donc faire partie intégrante des mesures d’urgence et du programme de premiers secours de l’entreprise.
La CNESST recommande d’ailleurs aux employeurs d’intégrer à leur gestion de la santé et de la sécurité des mécanismes d’inspection, d’entretien préventif, de formation et de contrôle des équipements.
Voici 10 erreurs fréquentes qui peuvent compromettre l’utilisation d’un défibrillateur en entreprise.
1. Ne pas vérifier régulièrement l’état du défibrillateur
L’une des erreurs les plus courantes consiste à installer le DEA au mur… puis à l’oublier.
La plupart des défibrillateurs modernes réalisent des autotests permettant de détecter certaines anomalies. Selon le modèle, un voyant lumineux, un pictogramme, un écran ou une alerte sonore indique si l’appareil est prêt à fonctionner.
Une inspection visuelle périodique permet notamment de vérifier :
-
l’indicateur d’état du DEA;
-
l’intégrité de l’appareil;
-
la présence des électrodes;
-
la batterie;
-
les accessoires;
-
l’état du boîtier ou de l’armoire;
-
l’accessibilité de l’équipement.
La CNESST considère justement l’inspection et l’entretien préventif comme des moyens importants pour maintenir les mesures de prévention efficaces dans le temps.
2. Laisser les électrodes du DEA expirer
Les électrodes ne sont pas permanentes.
Elles contiennent notamment un gel conducteur permettant leur adhérence sur la poitrine et la transmission adéquate des informations et, lorsque requis, de l’énergie électrique.
Elles possèdent donc une date de péremption déterminée par le fabricant.
Même si le défibrillateur n’a jamais été utilisé, ses électrodes devront éventuellement être remplacées.
Une bonne gestion consiste à enregistrer leur date d’expiration et à prévoir leur remplacement avant l’échéance plutôt que d’attendre qu’elles soient déjà expirées.
3. Négliger la batterie du défibrillateur
Le même problème se présente avec la batterie.
Un DEA peut rester inutilisé pendant plusieurs années. Cela ne signifie toutefois pas que sa batterie conservera indéfiniment toute sa capacité.
La durée de vie dépend du modèle, du type de batterie, des conditions d'entreposage et des recommandations du fabricant.
Il est donc important de connaître :
-
la durée prévue de la batterie;
-
son indicateur d’état;
-
la procédure de remplacement;
-
les recommandations propres au modèle.
Ne présumez jamais qu’un défibrillateur est fonctionnel simplement parce qu’il n’a jamais été utilisé.
4. Installer le DEA dans un endroit difficile d’accès
Imaginez qu’un employé s’effondre dans l’entrepôt.
Quelqu’un part chercher le défibrillateur… mais celui-ci se trouve dans le bureau verrouillé du responsable SST.
Cette situation peut faire perdre de précieuses minutes.
Le règlement québécois sur les premiers secours prévoit notamment qu’un affichage adéquat doit permettre une localisation facile et rapide des trousses, des systèmes de communication et des autres équipements de premiers secours.
Même lorsqu’il est installé volontairement, un DEA devrait respecter cette même logique de préparation aux urgences :
visible, identifiable et rapidement accessible.
Évitez donc les locaux verrouillés, les bureaux accessibles seulement à certaines personnes ou les endroits qui deviennent inaccessibles le soir ou la fin de semaine.
5. Ne pas installer de signalisation claire
Posséder un DEA ne suffit pas si personne ne sait où il se trouve.
Lors d’une urgence, les employés ne devraient jamais avoir à demander :
« Est-ce qu’on a un défibrillateur ici? »
L’emplacement devrait être clairement identifié grâce à une signalisation visible dans les principales zones de circulation.
Les employés devraient également connaître son emplacement lors de leur accueil et des formations SST.
La CNESST recommande d’informer les travailleurs sur les mesures d’urgence, notamment sur les personnes à contacter et l’endroit où se trouve le matériel de premiers secours.
6. Choisir un mauvais emplacement pour le DEA
L’accessibilité ne suffit pas. Il faut également considérer les conditions dans lesquelles le défibrillateur est entreposé.
Certains environnements peuvent être particulièrement exigeants :
-
chaleur importante;
-
froid;
-
humidité;
-
poussière;
-
vibrations;
-
véhicules;
-
installations extérieures.
Les limites varient selon les fabricants et les modèles.
Il faut donc respecter les conditions d’entreposage recommandées par le fabricant, particulièrement pour les batteries et les électrodes.
Une entreprise possédant plusieurs bâtiments, un grand entrepôt ou des travailleurs répartis sur un vaste site devrait également vérifier si l’emplacement choisi permet réellement une intervention suffisamment rapide.
7. Ne désigner personne responsable du DEA
Lorsque personne n’est officiellement responsable d’un équipement, les vérifications peuvent facilement être oubliées.
Une entreprise devrait donc désigner une personne ou un service responsable de la gestion des défibrillateurs.
Cette responsabilité peut inclure :
-
inspections périodiques;
-
suivi des électrodes;
-
suivi des batteries;
-
remplacement des consommables;
-
vérification après utilisation;
-
maintien de la signalisation;
-
mise à jour du registre d’inspection.
La CNESST recommande précisément de planifier les activités de prévention en désignant des responsables et en établissant des échéanciers.
8. Ne pas former et informer les employés
Les DEA modernes sont conçus pour guider l’utilisateur étape par étape. Cela ne veut toutefois pas dire qu’une entreprise devrait négliger complètement la préparation de ses équipes.
Lors d’un véritable arrêt cardiaque, le stress peut être considérable.
Les employés devraient minimalement savoir :
-
reconnaître une situation nécessitant une intervention urgente;
-
appeler le 911;
-
commencer la RCR;
-
envoyer quelqu’un chercher le DEA;
-
ouvrir l’appareil;
-
suivre ses instructions;
-
poursuivre les manœuvres jusqu’à l’arrivée des secours.
La CNESST insiste plus largement sur l’importance de la formation et de l’information des travailleurs dans la gestion des mesures de prévention et d’urgence.
Des exercices périodiques peuvent également aider les équipes à connaître leurs rôles et à diminuer les hésitations.
9. Ne pas vérifier la disponibilité des pièces d’un ancien défibrillateur
Certains DEA peuvent demeurer en service pendant de nombreuses années.
Mais avec le temps, un modèle peut être discontinué et certaines pièces devenir plus difficiles à obtenir.
Cela peut concerner :
-
les batteries;
-
les électrodes adultes;
-
les électrodes pédiatriques;
-
certains câbles;
-
certains accessoires.
Un appareil ancien n’est pas automatiquement inutilisable. Toutefois, une entreprise devrait s’assurer qu’il est toujours possible de l’entretenir conformément aux recommandations du fabricant.
Attendre l’expiration des électrodes avant de découvrir qu’elles ne sont plus disponibles peut obliger l’entreprise à remplacer rapidement l’appareil au complet.
10. Ne pas intégrer le DEA au plan d’urgence de l’entreprise
Le défibrillateur ne devrait pas être considéré comme un équipement indépendant.
Il devrait faire partie d’un véritable plan d’intervention d’urgence.
Le règlement québécois prévoit notamment qu’un système de communication doit être immédiatement disponible pour communiquer avec les services de premiers soins et que la façon de les joindre doit être clairement indiquée.
Dans son guide destiné aux entreprises, la CNESST recommande également d’adopter un plan de mesures d’urgence adapté aux situations possibles et d’informer les travailleurs sur les gestes à poser lorsqu’une urgence survient.
Pour un arrêt cardiaque, les responsabilités devraient être simples :
Qui appelle le 911?
Qui commence la RCR?
Qui va chercher le DEA?
Qui guide les ambulanciers jusqu’à la victime?
Ces quelques secondes d’organisation peuvent faire une grande différence.
Un DEA fonctionnel vaut beaucoup plus qu’un DEA simplement accroché au mur
L’installation d’un défibrillateur en entreprise constitue une mesure importante de préparation aux urgences. Mais l’achat de l’appareil n’est que la première étape.
Une bonne gestion repose sur quatre principes :
Vérifier. Entretenir. Former. Informer.
Le DEA doit être accessible, clairement identifié, conservé dans de bonnes conditions et inspecté régulièrement. Ses batteries et électrodes doivent être suivies, et une personne devrait être responsable de sa maintenance.
Cette logique correspond directement à l’approche de prévention recommandée par la CNESST : identifier les risques, apporter les correctifs nécessaires et mettre en place des mécanismes permettant de maintenir ces correctifs dans le temps.
Checklist rapide : votre défibrillateur est-il réellement prêt?
Avant de considérer votre programme DEA comme complet, vérifiez les points suivants :
-
Le DEA affiche-t-il un état normal?
-
Les électrodes sont-elles non expirées?
-
La batterie est-elle conforme aux recommandations du fabricant?
-
L’appareil est-il facilement accessible?
-
Son emplacement est-il clairement indiqué?
-
Les employés savent-ils où il se trouve?
-
Une personne est-elle responsable de son inspection?
-
Les dates d’expiration sont-elles enregistrées?
-
Les accessoires sont-ils présents?
-
Le DEA est-il intégré au plan d’urgence de l’entreprise?
Si une seule réponse est non, une vérification devrait être effectuée.
Faites vérifier vos défibrillateurs avec Médic Québec
Avoir un DEA en entreprise est une excellente mesure de sécurité, mais encore faut-il s’assurer qu’il soit réellement prêt à intervenir. Médic Québec offre un service de vérification de défibrillateurs directement en entreprise afin de contrôler l’état général de l’appareil, l’indicateur de fonctionnement, la batterie, les électrodes, les dates d’expiration ainsi que les principaux accessoires. Cette vérification permet également d’identifier rapidement les composantes à remplacer et de mieux planifier leur renouvellement avant qu’elles deviennent expirées ou indisponibles. Que votre entreprise possède un seul DEA ou plusieurs appareils répartis sur différents sites, un suivi régulier contribue à maintenir vos équipements d’urgence fonctionnels, accessibles et prêts à être utilisés lorsqu’une intervention devient nécessaire.
Pour obtenir des conseils professionnels et une soumission adaptée à vos besoins spécifiques, n'hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous aider à assurer un environnement de travail sûr et sécurisé pour tous vos employés.
Cliquez ici pour obtenir une soumission et un appel de notre part!
Pour plus d'informations sur les premières secours en milieu de travail et les exigences de la CNESST, vous pouvez également consulter le site web de la CNESST :
